AIDE AU COMMENTAIRE : ÉTUDIER UNE SCÈNE THÉÂTRALE
L’énonciation au théâtre peut prendre plusieurs formes :
• Le récit d’un événement survenu hors de la scène ;
• Une action, lorsque la parole d’un personnage est immédiatement suivie d’effets ;
• Un discours entre plusieurs personnages.
• On parle de DOUBLE ÉNONCIATION lorsque les paroles d’un personnage, adressées à qqn, s’adressent également de manière implicite à un autre (au théâtre, le spectateur est un destinataire implicite, en particulier lors de la scène d’exposition par exemple car il faut lui délivrer les informations nécessaires à la compréhension du contexte et des personnages).
Les « types de parole » sur scène : quelques définitions :
• La
réplique est le texte prononcé par un personnage à destination d’un (ou plusieurs) autre(s) personnage(s).
• La
tirade est une longue réplique sans interruption.
• Le
monologue est une tirade prononcée par un personnage seul en scène (ou qui croit l’être).
• Le
dialogue est un échange verbal entre deux ou plusieurs personnages.
• L’
aparté (mot masculin) est une réplique prononcée par un personnage à l’insu d’un autre, pour lui-même ou à l’intention du public.
• La
stichomythie est l’échange rapide de répliques courtes et vives.
REMARQUE : il faut toujours être attentif
à la répartition de la parole dans un extrait théâtral (qui domine ?) et au
rythme conféré par les répliques (échange de répliques courtes = rythme rapide, alerte → scène sans doute comique ou alors au service d'une tension dramatique – Monologue = solennité, grandiloquence, pathos)
Les personnages
• leur
statut : quels sont les personnages principaux, secondaires ?
• les
caractéristiques de chaque personnage : quelle est sa situation dans une scène particulière, quels traits de psychologie a-t-il, quelle est sa fonction sociale, symbolique, etc. ?
On parle d'ironie dramatique lorsque les personnages ignorent ce que d'autres personnages (et le spectateur) savent. Cette ironie peut générer des effets...
•
Comiques, lorsque l’ignorance d’un personnage est source de quiproquos (malentendus) de jeux de scène, etc.
•
Tragiques, lorsque la vie du personnage dépend d’éléments connus des seuls spectateurs ;
•
Pathétiques si l’ignorance du personnage l’empêche d’atteindre son but, de reconnaître un ami ou un ennemi, etc.
Les genres théâtraux
• Depuis la
Poétique d’Aristote, les genres théâtraux classiques se définissent traditionnellement par la classe sociale des personnages principaux, par le type d’obstacles qu’ils rencontrent dans l’intrigue de la pièce et par la réaction des spectateurs.
• La
tragédie met en scène une
haute noblesse qui se heurte à la fatalité et suscite « l’admiration et la crainte » (Aristote).
→
Dans une tragédie, il faudra analyser la force du destin qui s’acharne sur un personnage (
registre tragique – thématiques de l’hérédité, du sang, de la filiation, de la mort) et les sentiments exacerbés que cette fatalité entraîne (
registre pathétique – modalité exclamative, champs lexicaux du désespoir, hyperboles, antithèses (car le personnage est tiraillé)…). Le rythme sera souvent plus ample, sentencieux. Le personnage principal est mené par son
hybris (= sa démesure, la force de sa passion)
• Dans la
comédie se jouent des intrigues bourgeoises où s’opposent les intérêts personnels et les types sociaux. Le rôle d'une comédie est souvent de corriger les défauts. Son enjeu est souvent le mariage, l'union, il s'agit souvent d'union contrariées.
→ Dans une comédie, il faudra identifier ce qui est à la source du comique en en étudiant
les différents types (comique de mots, de geste, de situation, de caractère), être attentif au rythme (souvent plus rapide)
• La
farce, elle, appelle le rire populaire. Les jeux de scène y dominent.
• Le
drame apparaît en France au XIXe siècle. Victor Hugo préconise le mélange des genres (une pièce peut être à la fois comique et tragique) et donc des registres (on passe du rire aux larmes). Le héros est souvent torturé, noir, tiraillé entre le Bien et le Mal.